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Politiques et programmes

La Nation Crie de Saddle Lake veut passer outre aux restrictions de l’Alberta sur les soins d’affirmation de genre

La Première Nation affirme que les droits issus des traités lui confèrent une souveraineté en matière de soins de santé sur son territoire


Écrit par Ziya Jones
le 11 septembre 2026 dernière mise à jour le 16 octobre 2026

La Nation Crie de Saddle Lake veut passer outre aux restrictions de l’Alberta sur les soins d’affirmation de genre cover image
Photo: La Presse Canadienne

Une Première Nation Crie a annoncé son intention de recourir aux droits issus des traités pour devenir un refuge permettant aux jeunes trans et bispirituels de l’Alberta d’accéder à des soins d’affirmation de genre.  

Le gouvernement de l’Alberta restreint actuellement l’accès des jeunes aux soins de santé d’affirmation de genre dans toute la province. Aujourd’hui, la Nation Crie de Saddle Lake a déclaré qu’elle créera une nouvelle loi pour réglementer les soins de santé sur ses territoires, situés à environ deux heures au nord d’Edmonton, dans le centre de l’Alberta. Cette loi permettrait potentiellement aux médecins présents sur les terres de la Nation de fournir des soins d’affirmation de genre aux jeunes—autochtones et non autochtones—qui sont actuellement visés par l’interdiction de l’Alberta.  
 

Le gouvernement de l’Alberta n’a pas encore réagi à l’annonce de la Nation Crie de Saddle Lake. 
 

Afin de créer ces espaces refuges, la Nation crie de Saddle Lake prévoit de faire valoir son droit à la souveraineté en matière de soins de santé en vertu d’une clause du Traité 6 faisant référence à la fourniture d’un « coffre à médicaments ». À l’époque contemporaine, certains ont interprété cette clause comme accordant aux Premières Nations visées par le traité, dont la Nation Crie de Saddle Lake, de vastes droits d’accès aux soins de santé.
 

La Nation crie de Saddle Lake souhaite accueillir des clinicien·ne·s formé·e·s au Canada pour pratiquer des soins d’affirmation de genre sur ses territoires. La Nation affirme qu’elle exempterait ces médecins des sanctions des organismes de réglementation pour avoir fourni de tels soins, parce que le territoire se trouve en dehors de la compétence provinciale de l’Alberta.
 

La Nation affirme qu’une nouvelle loi proposée est une question de souveraineté autochtone, puisqu’elle soulève la question de savoir qui a le pouvoir de déterminer les options de soins de santé des Autochtones vivant sur des terres visées par un traité. « Le Canada ne peut pas faire des lois pour nous ou en notre nom », a déclarée la cheffe Dale Steinhauer lors d’une conférence de presse mercredi après-midi.   
 

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« Les actes sont plus éloquents que les paroles…Le traité et nos lois dans notre compétence doivent être pris en considération. »

La Nation affirme qu’elle établirait des pôles de santé virtuels exemptés des interdictions provinciales afin d’éviter de surcharger son système de soins de santé en personne avec des jeunes et leurs familles qui pourraient venir d’ailleurs en Alberta pour recevoir des soins d’affirmation de genre. 
 

Les représentant·es· de la Nation Crie de Saddle Lake espèrent qu’une nouvelle loi créera un précédent pour la compétence autochtone en matière de santé ailleurs—et que la Nation pourra servir de modèle à d’autres Premières Nations qui souhaitent lutter contre la violence coloniale et l’érosion des droits humains au sein des systèmes de santé. 
 

Les partisan·e·s espèrent qu’une nouvelle loi permettra à terme un meilleur accès aux soins de santé à Saddle Lake  à mesure que des médecins viendront exercer auprès de la Nation. 

L’annonce d’aujourd’hui est également une question de solidarité, affirme Steinhauer. 

« Notre peuple ne connaît que trop bien les conséquences des gouvernements qui retirent aux parents le droit d’être parents… »  a déclarée Steinhauer dans un communiqué de presse. « Lorsque nous étions arrachés à nos parents et que nous subissions un génocide dans les pensionnats indiens, nous nous demandions : “Qui sont les gens qui vont nous aider ?” Aujourd’hui, nous sommes ces gens. Aujourd’hui, nous offrons notre aide, notre soutien et notre compétence pour passer outre à ces lois déshumanisantes. »
 

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