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VIH/SIDA

Quand devrais-je prendre ma PrEP lors d’un voyage à l’autre bout du monde?

S’assurer de prendre sa dose quotidienne est un aspect de sa santé sexuelle à prendre en compte avant, pendant et après le voyage


Écrit par Dean Lisk
le 6 octobre 2026 dernière mise à jour le 6 octobre 2026

Blue oval pills with an embossed 'H' are scattered across a crinkled green surface.
Several blue, oval-shaped pills, each marked with an 'H', are shown against a light green background, symbolizing medication.

Pour certaines personnes queer et trans, voyager n’est pas seulement une question de découvertes culinaires, culturelles et paysagères; c’est aussi l’opportunité de se faire de nouveaux·elles ami·e·s ou de rencontrer de potentiel·le·s amant·e·s. Les études ont démontré que les gens ont tendance à augmenter leur activité sexuelle et le nombre de partenaires sexuel·le·s lorsqu’iels voyagent.

« Pour avoir travaillé dans le domaine de la santé sexuelle, je sais que certaines personnes partent en voyage en sachant qu’elles auront des relations sexuelles. Et d’autres partent en voyage et, disons, se retrouvent simplement dans une situation où elles finissent par avoir des relations sexuelles », explique le Dr Caley Shukalek, médecin-chef de la plateforme PurposeMed, basée à Calgary. « Nous devons être prêt·e·s dans les deux cas. »
 

Pour plusieurs personnes dans la communauté queer, être préparé·e signifie prendre la PrEP, autrement nommée prophylaxie préexposition. C’est un médicament utilisé pour la prévention de l’infection au VIH pour celles et ceux qui sont à risque d’être exposé·e·s au virus. Au Canada, elle est souvent recommandée aux hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes et d’autres membres de la communauté LGBTQ2SIA+, même si certaines études suggèrent qu’il y a moins d’hommes queer au Canada qui l’utilisent que les professionel·le·s de la santé ne le voudraient.
 

La PrEP peut être prise de plusieurs façons, notamment sous forme de comprimés à prendre quotidiennement. Comme pour de nombreux médicaments, la PrEP quotidienne s’accompagne généralement d’instructions indiquant qu’elle doit être prise à la même heure chaque jour. Que se passe-t-il lorsque vous êtes en voyage et qu’il n’est pas pratique de prendre la PrEP à la même heure chaque jour, ou lorsque le « moment de la journée » n’est pas très clair? Par exemple, disons que vous vivez à Toronto, où vous prenez votre dose quotidienne à midi, mais que vous êtes en vacances à Hawaï, où il y a un décalage horaire de six heures. Devriez-vous régler une alarme pour la prendre à six heures du matin, encore à moitié endormi, ou continuer à la prendre à midi? Si vous passez d’un fuseau horaire à un autre, devez-vous constamment modifier l’heure à laquelle vous prenez la PrEP, ce qui pourrait entraîner des oublis de doses? Devriez-vous changer l’heure de prise progressivement, peut-être d’une heure à la fois, ou immédiatement?

« La réponse honnête est assez simple », explique Shukalek, qui se spécialise en santé sexuelle et en soins liés au VIH. « Pour les personnes qui prennent la PrEP quotidiennement et qui ne manquent pas régulièrement de doses — ce qui représente la majorité, mais pas la totalité, des utilisateur·rice·s de la PrEP —, vous aurez une bonne concentration de médicament dans votre organisme, et vous pourrez continuer à la prendre en toute sécurité à la même heure de la journée, même s’il y a un décalage de 12 heures. »
 

Shukalek dit que la médication se focalise sur les globules blancs et d’autres cellules du système que le VIH aime infecter. Donc, tant que ton horaire n’est pas décalé de plus de 12 heures environ, il affirme qu’il devrait y avoir assez de médication dans ton corps pour combattre l’infection. « C’est assez souple, mais je ne voudrais pas que les gens oublient des doses à plusieurs reprises, plusieurs jours d’affilée ou d’un jour à l’autre », dit-il.
 

« Je prends ma pilule le matin, n’importe quand entre 8 h et midi. Le traitement est suffisamment souple pour qu’on puisse le faire tous les jours. Tant que l’on prend une dose, les concentrations du médicament restent stables. »
 

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Drew Schonbe, également connu sous le nom de Pharmacist Drew, est un pharmacien certifié spécialisé en VIH et le fondateur de The PrEP Clinic, qui offre des services en personne dans des cliniques à Toronto, Brampton et Ottawa, ainsi que des soins en ligne à celleux qui font face à des problèmes d’accès. Il a indiqué que des écarts horaires de 12 heures ou moins devraient être acceptables. Bien que la plupart des études se concentrent sur les hommes cis et les femmes trans, Schonbe et Shukalek s’entendent pour dire que cette variation de 12 heures s’applique également aux hommes trans et aux femmes cis.
 

« Nous n’encourageons pas les gens à sauter des doses, mais si une personne suit un traitement de PrEP de façon régulière et qu’elle a pris une dose plus tard dans la journée, au-delà des 12 heures, ou même si elle oublie très rarement un comprimé, sa protection resterait tout de même assez importante », déclare Schonbe. « Si une personne doit modifier légèrement son horaire, de quelques heures, ce n’est pas grave. Elle peut simplement s’adapter à ce nouvel horaire. À son retour de voyage, elle pourra reprendre le rythme qui lui convient le mieux. »
 

Enjeux légaux concernant la PrEP

Schonbe dit que les utilisateur·rice·s de la PrEP doivent connaître les lois des pays qu’iels visitent. La PrEP est considérée comme une médication contre le VIH — même si elle prévient l’infection — et celle-ci peut être interdite à certains endroits.

« Il y a évidemment un risque, et les gens doivent en être conscients. Elle pourrait être confisquée, ou cela pourrait même compromettre leur capacité à entrer dans ce pays », explique Schonbe. « Je recommande toujours de vérifier auprès des autorités frontalières ou d’une agence de voyages à la destination, y compris pour les escales si vous voyagez en avion, ou les escales si vous êtes à bord d’une croisière. Certains pays ont une approche très draconienne en matière de traitement et de prévention du VIH. » En 2019, l’ONUSIDA a signalé que 48 pays imposaient des restrictions de voyage liées au VIH.
 

Pour les voyages en Asie et dans le Pacifique, PrEPMAP.org synthétise des informations importantes concernant l’accès local à la PrEP, les restrictions d’importation et les tests de santé sexuelle offerts sur place. Par exemple, l’Australie autorise les visiteur·euse·s à apporter un approvisionnement de trois mois seulement du médicament, tandis que le Japon le limite à un mois. Le Sri Lanka exige que les voyageur·euse·s possèdent les documents appropriés, comme une ordonnance médicale.
 

Il y a aussi le risque que la PrEP, ou n’importe quelle médication liée au VIH, vous identifient comme membre de la communauté LGBTQ2SIA+ dans des pays avec des lois homophobes. Une liste de ces pays et des lois spécifiques sont disponibles sur la carte interactive du site web de ILGA World Monitor.
 

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L’organisme britannique aidsmap, spécialisé dans le VIH/sida, indique ne pas avoir connaissance d’un seul pays qui interdirait purement et simplement la PrEP. Or, « si un pays impose des restrictions d’entrée aux personnes vivant avec le VIH, voyager avec de la PrEP pourrait poser des problèmes. En effet, les douanier·ère·s pourraient penser que ce médicament sert à traiter le VIH. Dans des cas extrêmes, cela pourrait même entraîner votre expulsion. Une lettre de votre médecin expliquant que la PrEP sert à prévenir le VIH pourrait vous aider. »

Schonbe recommande aux patient·e·s d’informer leur pharmacien·ne qu’iels partent en voyage et d’apporter avec elleux une ordonnance ainsi qu’une lettre de voyage afin de minimiser les difficultés avec les autorités. Il suggère également de conserver le médicament dans le flacon dans lequel il a été prescrit. « Lorsque vous voyagez dans un autre pays, [vous ne voulez pas qu’on vous demande] : “Qu’est-ce que ce comprimé ?” Les agent·e·s verront qu’il se trouve dans le flacon approprié, que votre nom y figure et que cela correspond à vos renseignements de voyage », explique-t-il. « Ce n’est pas la façon la plus discrète de procéder, mais c’est la plus sécuritaire. »
 

Doxy-PEP, PIP et autres considérations

Normalement, les gens qui prennent la PrEP se font tester pour le VIH et les autres ITSS à chaque trois mois, donc Schonbe suggère de faire la prochaine ronde de tests avant le départ. Si une ITSS est détectée, les personnes peuvent les traiter avant de monter dans l’avion.
 

Schonbe recommande également d’effectuer des recherches en amont sur les ressources en santé sexuelle à la destination. Si tu attrapes une ITSS à l’étranger, sera-t-il facile de la traiter? Pour celleux qui planifient avoir du sexe sans condom, c’est peut-être une bonne idée de voyager avec une réserve de Doxy-PEP. C’est une médication — ou peut-être mieux décrite comme une stratégie — qui peut prévenir la syphilis, la gonorrhée et la chlamydia si elle est prise après l’exposition.

En ce qui concerne spécifiquement le VIH, le PIP, une abréviation de « PEP en poche », constitue une autre option pour les personnes qui ne prennent pas la PrEP ou qui oublient régulièrement de prendre leurs comprimés. Il s’agit d’une stratégie de prévention du VIH qui consiste à prendre une PEP (prophylaxie post-exposition) immédiatement après une exposition potentielle au VIH. Bien qu’elle ne soit pas efficace à 100 % — et que la décision de la prendre puisse être plus stressante que de simplement prendre la PrEP quotidiennement —, elle peut réduire considérablement le risque d’infection et constituer une option moins coûteuse que de payer pour la PrEP quotidienne.
 

À votre retour, si vous avez eu des relations sexuelles pendant votre voyage, le Dr Shukalek recommande de consulter votre professionnel·le de la santé et de vous faire dépister. « Il existe des infections courantes dans d’autres régions du monde qui ne le sont pas au Canada », explique-t-il. « Assurez-vous d’indiquer à votre professionnel·le de la santé que vous avez voyagé et où vous êtes allé·e, car iel devra peut-être effectuer un test différent ou envisager une approche différente de celle qu’iel adopterait pour des patient·e·s qui ont simplement des relations sexuelles dans la région. »
 

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